Sélectionner une page

Repris de Ripostelaïque.com

Pendant 70 ans et depuis la chute du mur de Berlin, des milliers de politologues de par le monde ont planché sur le pourquoi et le comment du communisme. Certains d’entre eux, comme Soljenitsyne, ont pu démontrer les causes de cette idéologie (à l’origine de plus de 100 millions de morts au XXe siècle) qui ne garde des adeptes que dans quelques pays comme la France et la Corée du Nord…

Depuis 1990, nous assistons donc au règne sans partage du libéralisme et de son corollaire, la mondialisation (notons au passage que le mot capitaliste a disparu des écrans radars, car sans doute trop connoté politiquement…).

Mais, en fin de compte, prenons un peu de recul ; pour vivre avec lui d’une manière permanente et incessante, comment décrire l’essence du libéralisme et quels sont ses éléments constitutifs ?

Le libéralisme est avant tout une conception de l’Homme, une anthropologie, selon laquelle rien n’existe au-dessus de l’être réel, si ce n’est l’être singulier qui n’a pour objectif unique que la satisfaction de son intérêt économique, personnel et individuel.
Dans ce système, l’individu précède la société et ce, en contradiction directe avec la formule d’Aristote qui constate la sociabilité naturelle de l’Homme.

Foin, donc, des structures sociales intermédiaires, telles que la famille, la lignée, l’État, la Nation, la religion, la communauté villageoise, l’Histoire, qui ont façonné notre univers depuis la nuit des temps. L’individu règne seul en maître sans aucunes attaches extérieures à sa personne.

Comment s’étonner, dès lors, que nos sociétés modernes, qui se vantent d’être libérales, subissent chaque jour des dommages psychologiques immenses au sein de leurs populations qui voient le suicide comme la première cause de mortalité dans la classe d’âge 18-25 ans en France ?

L’individualisme, voilà le mal absolu à l’origine de tous nos maux. Il ronge nos sociétés, délite le lien social, abrutit les masses et perd les esprits qui se raccrochent à de nouvelles religiosités malfaisantes et aliénantes.
Le libéralisme, c’est aussi et surtout un recul incessant des limites, des frontières, qu’elles soient physiques, matérielles, morales, religieuses, biologiques ou philosophiques, qu’il veut repousser toujours plus loin pour les besoins du marché, mais sans le dire, en utilisant comme paravent les droits de l’homme et l’idéologie du progrès, sans lesquels rien n ‘est possible.

Le libéralisme est gourmand, il est même glouton. Il agit comme un ogre qui mange, digère et transforme tout en marchandise, y compris la charité qui n’a pas lieu d’être dans un système marchand ! (cf. Les Restos du cœur)
En fin de compte, le libéralisme est un système globalisant qui, tout comme le communisme à son époque, recouvre l’intégralité de la vie de nos concitoyens, de leur naissance à leur mort, avec les goulags en moins, ce qui peut s’apprécier comme un « progrès »ou non, car il opère en toute discrétion et n’éveille pas la réaction des masses.

La PMA, la GPA, le transhumanisme, l’immigrationnisme, le lobby LGBT, l’euthanasie et, en fin de compte, toutes les questions sociétales mises au jour en ce moment par nos gouvernements ne sont que l’autre face du libéralisme économique, comme le souligne le grand spécialiste du sujet, Jean-Claude Michéa, en parlant de libéralisme « libertaire » ou sociétal.
Oui, Mesdames et Messieurs, le libéralisme, tout comme le communisme, veut changer l’Homme, tout comme Google aujourd’hui qui veut créer un homme nouveau, « augmenté » pour les riches, sans nous dire ce que l’on fera des autres individus…

En fin de compte, le libéralisme est un tout indissociable. Il n’y a pas le bon libéralisme d’un côté et le mauvais de l’autre, « l’ultra-libéralisme » invoqué de bonne foi pour fustiger les excès de cette doctrine. Il est notre nouvel ennemi aujourd’hui, car il veut transformer l’Homme en marchandise, le « réifier », pour reprendre l’expression que Karl Marx utilisait il y a plus d’un siècle.
Cet opposant avance masqué, sans bruit, en travaillant sur notre inconscient et sur notre pulsion de plaisir liée à la consommation. Le marketing et le système médiatico-politico-financier sont ses plus vaillants alliés.

S’affirmer libéral aujourd’hui et se prétendre attaché à la liberté est un oxymore. C’est, sans le savoir, identique au fait d’être stalinien dans les années 80 à Saint-Germain : une folie et surtout une arme de destruction massive contre notre civilisation.
Si nous ne voulons pas connaître un nouveau totalitarisme, « libéral » cette fois-ci, alors défendons-nous et battons-nous de toutes nos forces pour continuer à exister dans la dignité et la liberté que le libéralisme nous refuse chaque jour un peu plus.

Nicolas Faure.