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Billet d’humeur de Nicolas Faure, membre du bureau départemental.

Où sont-ils, nos fameux experts qui prévoient le futur grâce à leur science et leur technique acquises au sein des grandes écoles françaises et des universités de langue anglaise de part le monde?
L’exemple de ce mouvement atypique pour notre époque, confirme la théorie de Nassim Nicholas Taleb, énoncée dans son ouvrage «le cygne noir»: L’imprévisibilité, l’incompréhension et une fin que personne ne peut prédire. « Descartes reviens, ils sont devenus fous ! » !

Alors, les causes, évidemment sont multiples et connues de tous:
Une destruction massive de la classe moyenne qui s‘appauvrit depuis le début des années 80 et qui ne peut plus boucler ses fins de mois.
En effet, le couple infernal, financiarisation et globalisation de l’économie avec le fameux TINA («there is no alternative») de Madame Thatcher a provoqué des ravages sociaux pour 80% des populations en occident.
À cela s’ajoute un sentiment de perte d‘identité causé en grande partie par l’immigration qui, au passage, coûte 80 milliards par an à la collectivité (Rapport Posokhow 2013) soit l’équivalent du déficit annuel de l’État.
Crescendo, une peur de l’insécurité physique et culturelle s’exprime. Elle érode le capital social comme le souligne Laurent Obertone dans son dernier ouvrage «la France interdite» et rend la vie des citoyens insupportable et morne.

Pour autant, l’essentiel n’est pas dit, à savoir le besoin exprimé par les gilets jaunes de reprendre leur destin en main via notamment un principe de démocratie directe qui fut, au passage, la base de la démocratie grecque.
Il faut dire qu’en matière de démocratie directe, le souvenir des français est plutôt mitigé et c’est un euphémisme…
Souvenez vous, c‘était le 29 mai 2005:
Le peuple Français avait par la voie du référendum dit non au projet de constitution européenne (54,5% de non). Deux ans après, le Président Sarkozy faisait adopter le projet de loi constitutionnel par la voie du congrès en faisant fi du vote populaire exprimé précédemment. «Le référendum en tant qu’expression la plus parfaite de la démocratie» comme disait Pompidou, était envoyé ad patres. Trop «fasciste», «antidémocratique» et surtout «plébiscitaire» pour les parangons d’un suffrage censitaire façon Louis-Philippe qu’ils regrettent sans oser l’avouer (question d’image).
A partir de cette date, le peuple et en particulier celui de la France périphérique est devenu invisible tout comme l’étaient les noirs dans les années 50 aux États-Unis. Ils sont là, mais ils ne sont pas là, enfin juste pour payer des taxes et impôts dont les autres, parasites d’en bas et d’en haut profitent ad nauseam.
Mais le 17 novembre 2018, la donne a changé. Le peuple s’est réveillé à cause d‘une banale histoire d’augmentation de la TIPP. C’est comme un point de rupture, un saut qualitatif dont seule l’Histoire a le secret. Une jacquerie selon certains, une révolution selon d‘autres ou pourquoi pas une révolution pour les de Larochefoucauld de notre temps?
En tout cas, le peuple dit non au pouvoir exercé par une élite dégénérée (qui sort de son genre au sens étymologique), qui gouverne uniquement dans son propre intérêt de classe. Nous y voilà. Le mot «classe (sociale)» est prononcé. Un retour de Karl Marx qui ne dit pas son nom. On le croyait mort depuis le mois de novembre 1989, quand le mur de Berlin a permis à des millions de personnes de goûter aux joies du consumérisme (fast-food, PMA/GPA, LGBT, multiculturalisme, art contemporain etc.).
Dans les faits, une élite qui vit très bien et fait sécession face au peuple qui visionne les délices de la mondialisation sur la télévision satellitaire comme une vache Limousine, regarde défiler un TER à heure fixe.
Sans jouer les Cassandre, d’aucuns pensent qu’une lutte à mort va s‘engager entre les deux classes et qu’à la fin, c’est celle qui acceptera le plus de sacrifices qui remportera la victoire. Le match a déjà commencé. Tous les coups sont permis (y compris les coups de flashball pour crever les yeux des opposants). Nul ne sait combien de temps ce combat durera mais osons espérer qu’in fine, c’est la justice qui l’emportera contre une tyrannie libérale qui ne dit pas son nom.