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Il est beau, il est jeune, “progressiste” selon ses dires mais il réduit le champ des libertés publiques en France comme jamais ce ne fut le cas : Je m’appelle Emmanuel Macron.

Le libéralisme possède cette force unique qu’il peut être soluble dans tous les régimes politiques. A l’aise dans les démocraties, compatible avec les régimes autoritaires et même avec les dictatures, le libéralisme est d’essence révolutionnaire comme le disait Karl Marx car il a réussi à abattre très rapidement la société féodale et ériger un ordre nouveau.
Ce paradoxe du libéralisme, sa  malléabilité et son caractère mutant, Monsieur Macron s’en sert à merveille pour entraîner le pays dans un affaiblissement constant de l’Etat de droit, unique en son genre dans l’histoire de la Vème République.
Ce à quoi nous assistons depuis l’élection d’Emmanuel Macron provoque un effet de sidération et de stupeur à y regarder de plus près.
C‘est la production législative qui va nous servir à établir non pas un “bilan carbone” mais un “bilan libertés publiques” car c’est ce point qui me semble le plus contestable et même le plus catastrophique depuis quelques mois.

Premièrement, une loi anti casseurs adoptée par des godillots, qui réduit la liberté de manifestation par décision préfectorale, ce qui en droit rompt une tradition qui voudrait que seul le juge judiciaire soit compétent pour restreindre ce type de liberté fondamentale qui a valeur constitutionnelle.
Deuxièmement, une loi “anti fake news” (notons l’anglicisme critère de distinction social à LREM) qui va réduire la liberté d’expression en pénalisant “les fausses informations” (bobard) invalidées et non reconnues par le gouvernement.
On ne sait toujours pas, à ce jour, ce qu’est objectivement une “fausse information” à moins d’ériger une vérité officielle digne d’Orwell, qui va nous rappeler comme diront certains “les heures les plus sombres de notre Histoire”.
Pour finir, une répression judiciaire et policière se fait jour pour rapprocher l’État français de “nos amis turcs”, avec pour l’instant, le génocide arménien en moins.
En l’espèce que ce soit de la part des parquetiers ou des magistrats du siège, les citoyens ont constaté des atteintes graves aux libertés publiques et droits fondamentaux. Des milliers de garde à vue abusives ont été prononcées contre les gilets jaunes, qui étaient destinées, dans les faits, à les dissuader de manifester.
Les poursuites pénales avec des peines de prison ferme pour des primo-condamnés font flores alors que plus de 100 000 peines de prisons en 2018 n’ont pas été exécutées.
Des consignations pour l’aide judiciaire sont fixées à de hauts montants pour empêcher les justiciables gilets jaunes de bénéficier de l’aide légale.
Des enquêtes judiciaires qui se heurtent au silence et à la non coopération des services de police.
Des forces de police qui dissuadent les prévenus d’appeler leurs avocats quand elles ne leur crèvent pas les yeux à coups de LBD. Notons que l’usage du LBD est fermement condamné par Amnesty International et le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies.
En bref, la France n’est plus la France. Elle est beaucoup plus la Turquie qui incarne selon ce gouvernement un mélange parfait de libéralisme économique et d’autoritarisme.
“Classes laborieuses, classes dangereuses”. Guizot, sort de ce corps!
Pour autant, le feu couve toujours sous les cendres. La France n’a t’elle pas inventé la Révolution et le “coup d’État”?
Viendra le jour où certainement un leader charismatique, amoureux de la France et résistant dans l’âme tranchera le nœud gordien : Ce personnage historique pourrait, selon certains, s’appeler le Peuple Français, celui de Jemmapes et de Valmy, qui a fait la guerre à l’Europe pour recouvrer sa liberté.